Ce livre a été écrit par la mère d’un jeune engagé volontaire de 17 ans.
Lundi… Le petit jour… L’heure du courrier dont je ne me soucie même pas… J’en attends l’annonce pourtant, avant de bouger… Il a passé… Plus rien ne suspend la montée de l’épouvante… J’écris… J’écris… Il me faut du secours… Et j’écris à mon enfant… « Réponds… ». J’embrasse le papier que je lui envoie… Je ne veux voir personne… Rien que l’attente… Il y a une immense chose informe qui approche… qui est tout près… dont plus rien ne va me défendre …
Agonie… On ne peut pas dire… Vous seules pouvez savoir, vous pareilles à moi, à qui le silence a dit un jour l’indicible chose… Agonie… Combien de temps… Je ne sais pas… Combien de temps… C’est pour toujours …
Seule avec mon malheur… Impuissance… Rien, rien, je ne peux rien… II est mort… Je lui ai donné la vie, rien ne peut faire que je lui rende un souffle de vie… Il n’y a pas de rachat. Il n’y a pas de rédemption. Il est mort… Toute ma douleur ne compte pas, tout mon amour ne compte pas… Il est mort… Je ne l’ai pas empêché de mourir…
Je ne conçois pas que mon enfant est mort… Je le vois vivant. Je vois toutes ses expressions, tous ses mouvements, sa façon d’incliner un peu la tête avec un demi-sourire, son habitude d’approcher son visage tout près du mien. Je le sens, je l’entends, il est présent, il est contre moi… Il est mort… « .
Mes deux fils, Marcel et Raymond sont près de moi, avec leurs yeux rougis, leur tendresse. Je sanglote sur leurs mains… « Maman…. Maman… » C’est tout ce qu’il peuvent dire, mes pauvres bien-aimés. Mais, dans leurs chères voix douloureuses, j’entends la voix du plus petit qui ne dira plus jamais « Maman… ». Primice était unique, en effet : « Je l’ai adoré… Je l’ai adoré… » Sa beauté… Il n’y avait que moi pour la connaître tout entière… Quand je serai morte, personne ne saura plus les secrets de sa perfection ».
Il n’est plus seul… Je suis avec lui… Il n’est plus enfermé dans l’ombre affreuse… Un peu de lumière va jusqu’à lui… Un peu d’air libre passe sur lui …. [Les hommes qui l'accompagnent, et qui, eux, ont regardé, lui assurent qu'aucune odeur ne se dégage du cadavre, que le corps et le visage de Primice sont intacts] : « La mort n’a pas osé l’abîmer », pense Jane. « Il est là, pareil à lui-même, seulement un peu pâle ». [La chaux du sous-sol champenois a rempli le cercueil et conservé le corps intact.]
Extraits publiés dans Annales Histoire, Sciences sociales, Paris, Armand Collin, Janvier-Février 2000.
Sur la première guerre mondial, voir bien-sûr l’excellent film Un dimanche de fiancailles, et si vous parvenez à vous le procurer le film de Maurice Pialat, La maison des bois.

Le tome 4 d’une série qui en comporte 6. Il s’agit d’une oeuvre assez monumentale, qui n’a pas d’équivalent pour Paris à ma connaissance. Pour résumer, il s’agit d’un guide architectural, très précis, décrivant tous les bâtiments notables de Londres. Chaque tome, de quelques 700 pages propose en su un index, des plans et un [...]
Un des derniers grands romans historiques de Dumas. Au delà de l’intrigue classique qui se deroule sur plus de 1500 pages, on retiendra l’évocation de la révolution napolitaine de 1797. La brève existence de la République Parthénopéenne sera suivi d’une répression sans pitié. On trouvera un bon résumé de l’intrigue sur ce site consacré à [...]
Numéro anniversaire pour cette excellente publication de la documentation française consacré à l’explication des phénomènes sociaux par l’économie. L’exemple le plus souvent cité est celui qui explique la baisse de la criminalité dans les années 90 par la libéralisation de l’avortement dans les années 70 : Un certain nombre de pauvres issus des minorités ethniques ne [...]
On peut toujours compter sur les Presses universitaires de France pour proposer de bonnes synthèses, à priori destinée dans ce cas précis au premier cycle de l’enseignement supérieur ou aux enseignants du secondaire. Après une courte présentation générale des phénomènes migratoires à l’échelle mondiale, le livre est pour l’essentiel constitué de chapitres abordant les migrations [...]
Une première partie très technique, et sans grand intérêt à mes yeux. Une évocation assez brillante de Julien Gracq, de l’influence de certains historiens. On y apprend entre autre son peu d’intérêt pour l’école des Annales et son admiration sans borne pour le livre de Ferdinand Lot, La fin du monde antique et le début [...]
C’est la question que pose l’excellente revue Problèmes économiques dans son n° 2978, publié en septembre 2009. On trouvera un sommaire complet ici. Rappelons que le principe de cette publication est d’offrir une revue de presse à partir des journaux, revues et publications dans le domaine économique. Parmi les articles, retenons en particulier celui consacré [...]