Monthly Archive for avril, 2010

Crise financière : L’affaiblissement des Etats italiens au XV° siècle.

Sur un air connu (quand on ne connait pas l’histoire, on est condamné à la revivre) et sous la plume de Patrick Boucheron, à propos des villes italiennes, dans la seconde moitié du XV° siècle:

Car, dans le même temps, le pouvoir princier finance ses besoins croissants par une patrimonialisation des ressources publiques qui affaiblit sa capacité à convaincre de la légitimité de l’impôt ; c’est ainsi que les Sforza s’enfoncent dans la crise financière à partir de 1477. Cette contradiction s’exprime plus qu’elle ne se résout dans l’endettement massif : à Florence, à Sienne, mais surtout à Venise et à Gênes, se met en place une vaste politique de consolidation de la dette publique, dont il n’est pas rare que les intérêts absorbent plus du tiers des entrées ordinaires. Le système des Monti fait des citoyens qui investissent des actionnaires de l’État, entretenant la confusion entre leurs intérêts privés et le bien commun : a Gènes, la casa Di San Giorgio, qui se constitue en association de créanciers (les compere) et augmente son capital en émettant des titres (les luoghi) sur lesquels se précipite la noblesse urbaine qui en contrôle la gestion, devient au milieu du siècle la plus puissante des institutions financières d’Europe. Le système est si efficace qu’il permet en 1490 la suppression de l’impôt direct proportionnel (l’avaria mobile), qui n’épargne pas la noblesse marchande. Parce qu’il s’exprime dans la forme même d’une ville morcelée par l’appropriation lignagière du sol urbain, le cas génois est exemplaire d’un système social qui organise à la fois la faiblesse de l’État et la fortune de ceux qui le gouvernent.

sous la direction de Patrick Boucheron, histoire du monde au 15°e siècle, Paris, éditions Fayard, 2009.

Journalisme, déontologie, vérification de l’information.

Le journal Le Monde se faisait l’écho dans son numéro du 9 mai de la publication d’une série de photographies inédites par la Hoover Institution montrant l’ampleur des pertes humaines après le bombardement d’Hiroshima.

Le journal évoquait à juste titre le caractère spectaculaire de ces images:

“Ce sont des photos prises au sol, de l’intérieur du désastre. Rien à voir avec la vision abstraite et désincarnée du champignon nucléaire. Ces images montrent l’état de la ville japonaise d’Hiroshima dans les premiers jours qui ont suivi le largage, par l’aviation américaine, de la première bombe atomique, le 6 août 1945, à 8 h 17.

Sidérantes photos de corps flottant dans les eaux. Epouvantables images de visages tordus de souffrance. Clichés de cadavres entassés en pyramide, de corps tétanisés, adultes, vieillards et enfants, soufflés dans l’instant. Il n’y a plus ni homme ni femme. Uniquement des corps calcinés, enchevêtrés sous les gravats, ou allongés en rangs à perte de vue par les premiers sauveteurs et militaires nippons arrivés sur place, déambulant, masqués, entre les travées. On reconnaît simplement les enfants à leur petite taille.”
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Originally posted 2008-05-12 17:56:21. Republished by Blog Post Promoter

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Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible— Patrick Le Lay, à l’époque, PDG de TF1, Les Dirigeants français et le changement

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