Monthly Archive for octobre, 2010

Lecture: Pour en finir avec la repentance coloniale de Daniel Lefeuvre (2006).

 

Daniel lefeuvre spécialiste de l’Algérie coloniale répond dans ce petit livre, à la fois à certains historiens (Blanchard, Bancel, Lemaire, etc.) et à ce qu’il faut bien qualifier désormais de "lobby victimaire".

Son argumentation peut se résumer ainsi:

  • La violence coloniale n’est pas génocidaire et n’annonce pas les camps d’extermination nazis. Au contraire, elle reprend les méthodes pratiquées en Europe aux siècles précédents ou à l’époque de la colonisation (Ravage du Palatinat, Vendée, répression de la commune de Paris).
  • La colonisation n’a pas été une bonne affaire. Elle coute beaucoup plus qu’elle ne rapporte et retarde le développement de la métropole (même si ponctuellement, elle bénéficie à certains groupes d’intérêt limités). Même le pétrole algérien est couteux et la France se serait approvisionnée à meilleur compte au Moyen Orient!
  • L’immigration n’est pas la fille naturelle de la colonisation. Les migrants d’origine coloniale constituent une étroite minorité: 1% de la population active française en 1951: Il est donc absurde de faire des immigrés coloniaux les reconstructeurs de la France. De même ils ne constituent pas et de loin la majorité des travailleurs peu qualifiés et sous payés de l’après guerre: Ce sont des Français, provinciaux d’origine souvent paysanne, et des immigrants européens qui constituent le gros des effectifs de Renault Billancourt par exemple (les 4/5° dans les années 50).
  • Les discriminations dont souffrent les migrants originaires de l’ancien empire ne sont pas spécifiques. On retrouve des discours similaires sur les autres populations immigrées d’origine européenne (Italiens, Polonais, …). La stigmatisation reprenant les mêmes formes (bruit, odeurs, spécificités inassimilables).

L’auteur conclue par ces mots: " Prétendre que les Français doivent faire acte de repentance pour expier la page coloniale de leur histoire et réduire les fractures de la société française relève du charlatanisme ou de l’aveuglement. Cela conduit à ignorer les causes véritables du mai et empêche donc de lui apporter les remèdes nécessaires. Le risque est grand, alors, de voir une partie des Français, bien persuadés qu’ils seront à jamais les indigènes d’une République irrémédiablement marquée du sceau de l’infamie coloniale, vouloir faire table rase et jeter, en même temps, nos institutions et le principe sur lequel elles reposent depuis la Révolution française l’égalité en droit des individus. Belle révolution en perspective — peut-être même déjà en cours —, qui amènerait à créer en France un patchwork de communautés, avec leurs spécificités, leurs règles, leurs droits, leur police et leur justice — à l’appartenance desquelles les individus seraient assignés, avec ou sans leur accord. Une France, grâce à l’action du MRAP, définitivement débarrassée de l’horreur laïque, où chacun pourrait exhiber au sein des établissements scolaires ses convictions religieuses ou politiques. Une France où l’on serait blanc, noir ou arabe, chrétien, juif ou musulman éventuellement athée — avant d’être français. Bref, une France de l’Apartheid."

Une réponse à ce livre sur le thème de la repentance sur le site de la LDH-Toulouse.

à lire également dans le n° 336 de la Revue L’histoire (disponible au CDI) la réponse au documentaire L’honneur perdu du 9-3

Originally posted 2008-11-02 13:55:29. Republished by Blog Post Promoter

Mondialisation heureuse: Esclave à vie de sa banque.

Le New-York Times décrit l’avenir peu réjouissant des personnes endettées chassées de leurs maisons par les banques. Au Etats-unis, il s’agit d’une faillite personnelle qui les libère de toutes leurs dettes, en Espagne, ils devront continuer à rembourser, parfois jusqu’à la fin de leurs jours…

MADRID — Manolo Marbán, 59, is still living in his house in Toledo and going to work in the small pink-and-aqua pet grooming shop he bought here in 2006, when he got swept up in Spain’s giddy real estate boom.
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Lourdes Segade for The New York Times
Manolo Marbán, a pet groomer in Madrid, lost his home and his grooming shop to foreclosure and will still owe after eviction.

The daughter of Mario Gozálvez may spend her life paying off his debts because she acted as a guarantor in a deal gone sour.

But Mr. Marbán does not own either anymore. The bank foreclosed on both properties last April, and he is waiting for the courts to issue the eviction notices. For most Americans facing foreclosure, that is the end of it. But for Mr. Marbán and thousands of others here, it is just the beginning of their troubles. When the gavel falls on his case, he will still owe the bank more than $140,000. “I will be working for the bank for the rest of my life,” Mr. Marbán said recently, tears welling in his eyes. “I will never own anything — not even a car.”

La suite sur le site du New-York Times

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Quand le soleil de la culture est bas sur l’horizon, même les nains projettent de grandes ombres.— Karl Kraus

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