Granta est considérée comme l’une des meilleurs revues littéraires anglo-saxonnes.Chaque n° de la revue propose une série de textes entre journalisme et littérature, autour d’un thème. Le dernier n° (hiver 2009) est centré sur le travail. Le premier texte peut intéresser le géographe. Il décrit par le menu un bel exemple d’économie informelle ou souterraine qui ne connaît pas d’équivalent dans les pays développés : Le marché parallèle de l’édition qui a pris une telle importance au Pérou qu’il a pratiquement tué le secteur de l’édition officiel. Une véritable mafia du livre contrôle la fabrication et la diffusion des ouvrages, parfois avant même la sortie de la version officielle. Elle propose à des prix très bas les ouvrages, qui sans cela seraient inabordables pour la plupart des Péruviens. Une multitude de vendeurs ambulants dans les rues, aux feux rouges proposent un large choix d’ouvrages. Il existe même à Lima un marché spécialisé dans l’écoulement de cette production illégale, qui fonctionne sans trop s’inquiéter des décentes épisodiques de la police. Aussitôt saisis, les ouvrages sont remplacés par un nouvel arrivage. Les éditeurs officiels, menacés de disparition ont été provisoirement sauvés par l’embellie économique que le pays a connu au cours des dernières années (8 % de croissance, ce qui conduit certains économistes à voir en lui un futur pays émergent).
Rien à craindre pour nos éditeurs ? à voir, car le passage progressif à la lecture électronique pourrait bien donner des ailes à la fraude et n’entraîner pour le secteur que des bénéfices… virtuels!
Originally posted 2010-01-30 09:01:14. Republished by Blog Post Promoter